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Ce site est né d'une rencontre qui ne s'est pas passée comme prévue. Au départ, une envie d'interviewer Fany, la fondatrice du site My Little Paris, connue pour révéler les adresses et talents cachés de la capitale. Parce que justement, nous, chez Argot, c'est la découverte des pépites qui nous anime. Après, passé la porte de ce petit immeuble situé à deux pas du métro Barbès, l'interview a tourné court. La faute à un bouquin posé sur l'une des étagères qui jonchent son bureau : Humans of New York. Un recueil de portraits qui nous a amené sur un sujet qui nous habite tous les deux : les héros du quotidien. Ceux dont le talent ne font pas la une des grands médias et dont la particularité échappe parfois au sens commun. Ça nous a donné envie d'écrire un nouveau chapitre intitulé TenFaces, un site entièrement dédié aux histoires d'entrepreneurs qui font Paris et sa banlieue. Alors on est partis à leur rencontre.

Abiola, fondateur d'Argot

Wendy Huynh

Pocahontas en baskets

Wendy

Wendy Huynh, c'est la fille derrière le magazine Arcades, qui montre en photos et en version documentaire la banlieue dont elle est fière.

Grâce à elle, les quartiers périphériques de Paris ont un visage pop que peu de personnes peuvent se vanter d'avoir su montrer. Elle, c'est Wendy Huynh, 24 ans, le visage d'une Pocahontas qui a vécu non pas dans une forêt, pieds nus, mais en banlieue … Et en sneakers.

Wendy
Wendy
Wendy

Sa plus grande fierté ? Savoir qu'elle représente aux yeux des jeunes un idéal de rêve qu'ils peuvent atteindre.

Cette banlieue, à l'est de Paris (Torcy, puis Bussy-Saint-Georges), elle a voulu la quitter. Elle l'a détestée, adolescente. “Étudiante, tout mes potes disaient de quel arrondissement ils venaient… Où plutôt celui où ils se rendaient en fin de soirée. Moi je n'osais pas dévoiler mon secret. Pour eux, le XIXème, c'était loin… Alors imaginez ici !” avoue-t-elle dans un éclat de rire doux et authentique. Et pourtant, cette banlieue, elle y est finalement revenue pour follement l'aimer... Jusqu'à la photographier avec un regard tendre et honnête.

C'est chose faite avec Arcades, un magazine (ou plutôt devons-nous dire un bouquin, puisque le premier numéro fait 254 pages) dans lequel des photos shootées à l'argentique racontent des scènes ordinaires des quartiers populaires, montrant les visages qui l'animent au quotidien.

“Jusqu'ici, chaque fois que l'on a évoquait la banlieue, c'était toujours le film La Haine, de Mathieu Kassovitz, qui revenait dans les discussions. C'est certain qu'il a marqué les esprits, mais la banlieue a plusieurs visages, dont certains que beaucoup ignorent encore”.

La banlieue a plusieurs visages, dont certains que beaucoup ignorent encore.
Wendy
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L'histoire de Wendy continue ici

Aujourd'hui, depuis la maison parentale, à Bussy-Saint-Georges, donc, Wendy travaille ardemment à la naissance du deuxième numéro, consacré à la périphérie de Londres. Les allers-retours entre la capitale française et celle du Royaume-Uni lui ont permis de ré-apprivoiser son quartier d'enfance, de réaliser à quel point il est verdoyant et calme. “J'ai maintenant un tout autre rapport à ce lieu. Je suis beaucoup plus apaisée et je réalise à quel point cet endroit m'a protégée. Bussy m'a donné une notion du temps plus lente, une façon d'appréhender les choses de façon détachée”.

Lucide, elle admet avoir davantage confiance en elle, aussi. Observant ce qui se passe autour de nous - des gamins qui jouent au ballon rond aux jeunes bacheliers qui stressent en passant par les plus âgés qui marchent, poussette en avant - elle observe minutieusement ce qui l'entoure avec une certaine déférence. Et pour cause : cette banlieue verte, à côté du parc Euro Disney, lui a incontestablement donné la sérénité qui émane de sa personne. On note les allées de jonquilles qui jonchent le sol de l'avenue du Général de Gaulle. Puis l'on arrive devant le lac situé face à l'église Saint George, autour duquel elle refaisait le monde avec ses copains du lycée Martin Luther King.

Je suis beaucoup plus apaisée et je réalise à quel point cet endroit m'a protégée.
Bussy m'a donné une notion du temps plus lente, une façon d'appréhender les choses de façon détachée.

Là, avançant d'un pas tranquille, elle nous explique que ses parents l'ont soutenue depuis le début, “fait rare pour une famille Asiatique, qui préférait les études de droit ou de commerce”. “Mes parents, qui sont originaires du Vietnam, ont su comprendre ce que je souhaitais réaliser. Ils ont pris sur eux pour m'aider, m'ont toujours laissé la possibilité de poursuivre mes objectifs, sans reproche, et avec amour”. Wendy a donc pu étudier la photographie, et refuser un CDI dans une grande agence parisienne, pour se consacrer à son dessein de toujours.

Si le premier exemplaire d'Arcades a pris forme, c'est grâce la plate-forme Kickstarter, via lequel elle a obtenu 3 500 euros. Pour le deuxième tome, des sponsors - essentiellement des marques de mode - comptent décorer certaines pages avec leurs publicités.

Lorsqu'on lui demande ce qui lui fait le plus plaisir quant à ce projet, elle sourit timidement et admet que c'est le fait de recevoir des messages de jeunes qui lui témoignent de leur reconnaissance, parce qu'elle a donné des couleurs à leurs quartiers, ou bien parce qu'elle représente à leurs yeux un idéal de rêve que l'on peut atteindre.

Wendy

3500 euros

collectés sur la plateforme Kickstarter pour lancer le second tome d'Arcades Magazine

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