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Ce site est né d'une rencontre qui ne s'est pas passée comme prévue. Au départ, une envie d'interviewer Fany, la fondatrice du site My Little Paris, connue pour révéler les adresses et talents cachés de la capitale. Parce que justement, nous, chez Argot, c'est la découverte des pépites qui nous anime. Après, passé la porte de ce petit immeuble situé à deux pas du métro Barbès, l'interview a tourné court. La faute à un bouquin posé sur l'une des étagères qui jonchent son bureau : Humans of New York. Un recueil de portraits qui nous a amené sur un sujet qui nous habite tous les deux : les héros du quotidien. Ceux dont le talent ne font pas la une des grands médias et dont la particularité échappe parfois au sens commun. Ça nous a donné envie d'écrire un nouveau chapitre intitulé TenFaces, un site entièrement dédié aux histoires d'entrepreneurs qui font Paris et sa banlieue. Alors on est partis à leur rencontre.

Abiola, fondateur d'Argot

Sambou Sissoko

Le barbier de Riquet

Sambou

Au 30 rue Tandou, dans le XIXème arrondissement de Paris, une équipe dynamique de coiffeurs et de barbiers s'occupent de vos tifs … ou de vos joues. Derrière ce salon impressionnant, le 235th Barber Street, il y a Sambou.

“Il arrive, là !” promet le responsable du salon. Il est 14h et nous sommes derrière le Quai de la Loire, en plein XIXème arrondissement, entre le bassin de la Villette et l'avenue Jean Jaurès. Nous attendons sagement Monsieur Sambou. Au coin de la rue de Crimée et de la rue Tandou, face à cette devanture, nous sourions devant les coiffeurs et barbiers qui grouillent de partout. Motifs à la tronçonneuse, undercut, remise au propre des dread locks, coloration, décoloration ou lissages divers, au 235th Barber Street, on s'occupe de vous entre quelques morceaux de musiques raps et des joutes qui fusent de partout. L'un des hommes derrière cette ambiance est Sambou.

Sambou
Sambou
Sambou

Il se souvient qu'enfant, il voulait être footballeur.
Aujourd'hui, il les coiffe.

Quand soudain, le voilà qui arrive, enfin. Livré en scooter. Le colosse descend, en tenue de treillis militaire, un collant noir sur la tête. Souriant, armés de deux gros yeux très expressifs, il observe en entrant ce qui se passe sur les lieux puis, poliment, il serre la main de chaque personne présente, avec un respect appuyé pour ses employés.

“C'est eux les stars de ce salon, ce n'est pas moi”. La modestie est au rendez-vous et elle n'est pas feinte. “Vous avez eu à boire ? On vous a servi ?”, s'enquiert-il à plusieurs reprises avant de réussir à s'installer sur une chaise pour se confier. Bien que très demandé, le regard guettant à droite et à gauche, à l'affût du moindre événement, il finit par prendre le temps de se poser pour évoquer son lieu de naissance, dans le XIème, puis son enfance, dans le XIXème.

C'est eux les stars de ce salon, ce n'est pas moi.
Sambou
Sambou

L'histoire de Sambou continue ici

“Moi je suis un enfant d'ici, de Riquet”. Bien qu'il ait quitté l'endroit à l'âge de 15 ans, quand ses parents sont partis habiter le 95, il y est revenu avec sa femme et ses bambins. Et même si ses salons se multiplient un peu partout dans Paris (métro République, Sentier), en France (Lille, Lyon, Rennes, Montpellier), et même s'il s'exportait à l'étranger, c'est toujours dans le XIXème qu'il compte rester. “C'est de là que tout est parti, puisqu'ici tout le monde m'a aidé. Ma famille, en premier … Et mes amis aussi”.

Reconnaissant, il garde en mémoire tous ces soutiens. “Aujourd'hui j'ai des copains d'enfance (dont un que je connais depuis la maternelle) qui ont ouvert une franchise et en ce qui concerne mes parents…”. Il s'interrompt. Les larmes lui montent aux yeux. “Je leur dois tout”. “J'ai gardé ce projet secret jusqu'à sa réalisation et un jour, je les ai amenés ici. Quand j'ai vu la fierté qu'ils ont ressentie, je me suis dit que c'était le plus beau jour de ma vie”.

C'est de là que tout est parti, puisqu'ici tout le monde m'a aidé. Ma famille, en premier …
Et mes amis aussi.

Il se souvient qu'enfant, il voulait être footballeur. Aujourd'hui, il les coiffe. Des stars du PSG, des rappeurs, des comiques, viennent mettre leur confiance entre les mains de son personnel. Concernant les prix, qui ont été augmenté le 31 décembre dernier, ils vont de 25 euros la coupe à plus d'une centaine d'euros pour les soins plus coquets.

D'où lui est venue cette idée ? De ses nombreux voyages aux États-Unis, qui lui ont montré ce qui manquait ici. Notamment ce concept de barbier afro. Le résultat est là : plus de mille personnes y passent une tête chaque mois. Sur Instagram, ce sont quelques 34 000 personnes qui suivent ce qui s'y passe. Pour y travailler, il ne faut pas forcément être du quartier. “Je prends les plus compétents” affirme-t-il sans une once d'hésitation.

Si vous avez un CV, lancez-vous. Un boss comme ça, c'est plutôt boo y'a kah.

Sambou

1000 personnes

passent chaque mois la tête dans le salon de Sambou, le 235th Barber Street

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