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Ce site est né d'une rencontre qui ne s'est pas passée comme prévue. Au départ, une envie d'interviewer Fany, la fondatrice du site My Little Paris, connue pour révéler les adresses et talents cachés de la capitale. Parce que justement, nous, chez Argot, c'est la découverte des pépites qui nous anime. Après, passé la porte de ce petit immeuble situé à deux pas du métro Barbès, l'interview a tourné court. La faute à un bouquin posé sur l'une des étagères qui jonchent son bureau : Humans of New York. Un recueil de portraits qui nous a amené sur un sujet qui nous habite tous les deux : les héros du quotidien. Ceux dont le talent ne font pas la une des grands médias et dont la particularité échappe parfois au sens commun. Ça nous a donné envie d'écrire un nouveau chapitre intitulé TenFaces, un site entièrement dédié aux histoires d'entrepreneurs qui font Paris et sa banlieue. Alors on est partis à leur rencontre.

Abiola, fondateur d'Argot

Ruben Djagoue et Adama Camara

Des sourires en sandwichs

Ruben et Adama

Ils sont 3 inséparables : Ruben et Adama les Évryens et Beny leur triporteur avec lequel ils fournissent tout Paris et sa banlieue en hot-dogs revisités aux saveurs africaines. Rencontre avec les 2 bonhommes et leur bureau-mobile.

Ruben et Adama
Ruben et Adama
Ruben et Adama

Avec nos produits, on vous fait voyager aux 4 coins du monde, le tout aux manettes de notre triporteur.

Nous arrivons à la gare RER d'Évry-Courcouronnes, avec une très grosse envie de goûter aux sandwichs de Beny's dont on nous vante les mérites depuis quelques mois maintenant. Une dizaine de minutes de marche et nous nous retrouvons devant « La Fabrik » un espace situé en centre ville mis à la disposition des jeunes entrepreneurs par la municipalité. Ruben doit y prendre la parole devant une trentaine de jeunes venus écouter les précieux conseils de l'enfant de chez eux. Voici un récit qui au-delà d'enflammer les papilles nous a donné des étoiles plein les yeux.

Cette histoire, c'est celle de deux mecs qui vendent des sourires en sandwich, Ruben et Adama. Le sacré duo qui se cache derrière Beny's Hot Dog.

Tout d'abord Beny c'est le petit nom de Ruben : "C'est comme ça que tout le monde m'appelle dans la cité". Son quartier, c'est les Pyramides. Un ensemble de bâtiments construit dans les années 70 à Evry, ville nouvelle à 30 kms au sud de Paris. Le jeune homme y est arrivé du Bénin à l'âge de trois ans : “Petit, j'étais toujours très occupé. Je détestais m'ennuyer donc je trouvais toujours un truc à faire, même tout seul”. Au collège, le cadet de la famille Djagoue est plutôt calme et discret. “J'ai toujours fait juste ce qu'il fallait, et ce jusqu'au lycée. Après ça, je me suis laissé glisser jusqu'en DUT, et en licence.”

Petit, je détestais m'ennuyer donc je trouvais toujours un truc à faire, même tout seul.
Ruben et Adama
Ruben et Adama

L'histoire de Ruben et Adama continue ici

Quant à Adama, c'est à l'âge de 20 ans qu'il arrive en France. Au Sénégal où il a effectué sa scolarité c'est un élève très apprécié des professeurs. Il faut dire qu'il est difficile de ne pas être épris de sympathie tant ce grand dadet respire la joie de vivre et la bonne humeur. Pas indispensable pour quelqu'un qui se destinait à une carrière de comédien. C'est d'ailleurs sur un tournage qu'il fait la rencontre de Ruben. “Je faisais des petits courts-métrages sur mes temps de loisir. C'était une vraie passion pour moi. J'ai d'ailleurs réalisé un court intitulé Sur mes épaules qui a été été primé au festival Génération Court il y a quelques années !”.

C'est cependant dans un tout autre domaine que le talent des deux jeunes hommes va se révéler. À l'occasion d'un stage organisé dans le cadre son DUT, Ruben effectue un séjour au Danemark. Il y découvre la culture du hot dog et des foodbikes très présente là-bas. Il décide d'importer les deux concepts en France. À son retour il propose à Adama de monter leur propre marque. Dans un premier temps celui-ci s'en amuse : “Je l'ai pris pour un fou avec son idée de hot-dogs ! Je lui ai même conseillé de faire du poulet car cela aurait probablement plus de succès !” déclare t-il en riant, avant de finalement reconnaître qu'il aurait pu le suivre dans n'importe quelle aventure. Les deux Évryens font alors l'acquisition d'une petite charrette, qui très vite ne suffit plus à satisfaire la demande.

En l'espace d'un an, j'ai été dans des endroits où je n'aurais jamais pensé mettre les pieds. J'ai fait des prestations dans des grosses entreprises ou même dans des aéroports comme à Orly. C'est juste un truc de fou !

“J'ai alors décidé me lancer dans une campagne de crowdfunding. Au bout de 42 jours, j'avais déjà atteint l'objectif de 5 000 euros que je m'étais fixé !". Grâce à cette campagne fructueuse réalisée sur le site KissKissBankBank ils achètent un triporteur.

“Qui veut aller loin, ménage sa monture.” Leur nouvelle petite machine les emmène vers de nouveaux événements. "En l'espace d'un an, j'ai été dans des endroits où je n'aurais jamais pensé mettre les pieds. J'ai fait des prestations dans des grosses entreprises ou même dans des aéroports comme à Orly. C'est juste un truc de fou !" s'exclame Ruben.

À lui de conclure : "Bizarrement aujourd'hui ce qui m'embête le plus, c'est que mes amis ne m'appellent plus pour sortir en boîte de nuit ! Ça, ça m'embête un peu !".

Ruben et Adama

42 jours

ont suffi pour que Ruben et Adama complètent leur collecte KissKissBankBank et achètent un triporteur.

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