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Ce site est né d'une rencontre qui ne s'est pas passée comme prévue. Au départ, une envie d'interviewer Fany, la fondatrice du site My Little Paris, connue pour révéler les adresses et talents cachés de la capitale. Parce que justement, nous, chez Argot, c'est la découverte des pépites qui nous anime. Après, passé la porte de ce petit immeuble situé à deux pas du métro Barbès, l'interview a tourné court. La faute à un bouquin posé sur l'une des étagères qui jonchent son bureau : Humans of New York. Un recueil de portraits qui nous a amené sur un sujet qui nous habite tous les deux : les héros du quotidien. Ceux dont le talent ne font pas la une des grands médias et dont la particularité échappe parfois au sens commun. Ça nous a donné envie d'écrire un nouveau chapitre intitulé TenFaces, un site entièrement dédié aux histoires d'entrepreneurs qui font Paris et sa banlieue. Alors on est partis à leur rencontre.

Abiola, fondateur d'Argot

Mounira Abdi

Douceur de Cergy

Mounira

À 30 ans, Mounira Abdi a créé sa propre marque de vêtements. Avec de la magie dans les yeux, elle expose en ce moment ses créations au centre commercial Les 3 Fontaines de Cergy Pontoise.

RER A, Cergy Préfecture. À la sortie, on découvre à quel point le lieu où a grandi Mounira Abdi a une influence sur ce qu'elle est devenue aujourd'hui. Car ici, la vie de quartier grouille de personnes actives, d'étudiants, de musiciens, qui viennent et vont au sein du Grand Centre.

Mounira
Mounira
Mounira

Le côté familial des relations a fait que la jeune femme n'a jamais voulu quitter son quartier de Cergy.

Une atmosphère paisible dès la sortie de la gare s'empare de vous et s'accentue en avançant vers le parc François Mitterrand. « Je suis née à Cergy, j'ai grandi ici, j'ai étudié ici » admet avec bonheur Mounira Abdi. En véritable ambassadrice de la ville, elle représente désormais une fierté, pour les habitants comme pour la mairie, qui la soutiennent dans son projet. Ce dernier s'appelle Niyya, qui signifie « la sincérité du coeur » en Arabe. Cela lui va bien, Niyya.

Dans la boutique éphémère, située au premier étage, face à l'enseigne Armand Thierry, elle accueille avec un sourire plein de bonté les clientes… Essentiellement des amies. Ou des amies d'amies. Etc. De façon concentrique, les aides sont venues appuyer son ambition. Une femme arrive. « Ça va Mounira ? J'ai un jour de congé alors je suis passée vous prendre un turban pour la tête, là… Et puis je n'ai pas arrêté de partager sur les réseaux sociaux, tu as vu ? ». Mounira la remercie. Est-ce sa tante ? Même pas. Juste une habitante.

Je suis née à Cergy, j'ai grandi ici, j'ai étudié ici.
Mounira
Mounira

L'histoire de Mounira continue ici

Le côté familial des relations a fait que la jeune femme n'a jamais voulu quitter son quartier. « Depuis ma tendre enfance, j'arpente Cergy avec ma famille et mes amis. Il y a un lieu que je vous conseille, c'est près de l'Axe majeur : les 12 Colonnes. D'ailleurs le shooting de mon flyer s'est déroulé là. On s'y est souvent assis, à refaire le monde… On avait vue sur tout Paris, et notamment sur la Tour Eiffel » confie-t-elle. Si elle avait envie d'être « de l'autre côté », dans Paris, tout près de l'oeuvre de Gustave ? « Pas du tout. On a toujours été heureux ici. Paris, j'y vais quand des membres de la famille viennent de l'étranger et qu'on les emmène visiter… À ce moment-là je profite de la ville, mais y habiter, certainement pas. On a tout ce qu'il faut à Cergy. Sauf la nuit, peut-être, s'il faut aller boire un verre ».

Au beau milieu de la foule, elle pose, avec sa carrure frêle, son long kimono bleu, son pantalon coloré. Elle explique que ses confections s'inspirent de tous les coins du globe. Pour le bonheur de plus de 3 000 clientes. Son objectif est de multiplier ses gains par deux, et de passer « le cap des 3 ans ». À Paris, cette ville où « les trajets sont affreux, le temps trop rapide, la vie moins qualitative », elle n'y va que lorsque d'autres boutiques éphémères lui permettent de s'exposer. Elle l'a fait à Châtelet, à la Gare de l'Est et à Montmartre. Confiante, elle explique que sa réussite est due aux Déterminés (une association ayant pour objectif la démocratisation de l'entrepreneuriat des jeunes, spécialement issus des quartiers populaires), et au soutien de la Ville. Et, bien sûr, à son entourage. Sa maman n'est d'ailleurs pas très loin. Souriante, elle aussi.

Lors de mon inauguration, une amie, Sarah, a préparé un buffet. Et un copain, Nicolas, a fait une vidéo de la boutique. L'esprit d'entraide est vraiment implanté, par ici.

Aujourd'hui, cette ingénieur en biologie, ancienne chef de produit pour divers groupes internationaux pendant quatre ans, regarde autour d'elle avec une quiétude joyeuse. Elle réalise que le centre commercial où « elle venait manger un sandwich à midi » est désormais devenu son lieu de travail.

Si vous aimez la mode pudique (entendez par là des vêtements aux manches longues, des jupes qui cachent les jambes, mais pas tout noirs, tout tristes), et que vous souhaitez faire un peu de shopping, on vous conseille de vous y rendre rapidement, l'exposition de Mounira Abdi étant prolongée jusqu'en avril.

Mounira

3000 clients

soutiennent Mounira dans son projet entrepreneurial Niyya

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